Retour en France et candidature de Jean-Luc Mélenchon

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illustration paragraphe 1Après quelques semaines de pélerinage familial dans ma Bretagne chérie, nous voici de retour à Paris, mon petit Luan et moi. À la question de savoir si ce retour en France est “définitif”, j’ai coutume de répondre que rien ne l’est jamais et que, depuis longtemps et pour toujours, une partie de moi est en Équateur. C’est un pays qui m’a faite mûrir comme personne et comme femme politique. C’est le pays qui a vu naître mon fils. C’est le pays de mon compagnon de vie et de lutte, Eduardo, qui continue ardemment le combat sur place. Alors je ne sais pas si mon retour est définitif ou non. Je sais juste que j’avais une envie irrépressible de rentrer. De retrouver ma famille, mes ami-e-s, mes camarades. De leur présenter Luan. De les serrer dans mes bras. De reprendre le combat à leurs côtés. Et, à vrai dire, je crois que je suis rentrée au bon moment.

illustration paragraphe 3Jean-Luc Mélenchon a en effet proposé sa candidature aux français-e-s quelques jours après mon retour à Paris. Que n’ai-je lu et entendu depuis lors ! Candidature “égotique”, “héritière de la Vème République qu’il prétend combattre”, “fossoyeuse de la gauche”, “inutile”, “irrespectueuse du reste de l’autre gauche” et j’en passe, et des plus dures… J’ai pris le temps de lire et d’écouter chacun des griefs. La plupart de ceux qui les exposent sont sincères dans leur démarche et je ne veux pas leur faire l’affront de déconsidérer leurs arguments. Je veux simplement leur dire les miens. Ceux d’une femme d’organisation partisane que tout cela bouscule et questionne et ce depuis la sortie de la première édition de L’Ère du peuple.

Il n’est pas dans la tradition politique de Jean-Luc Mélenchon de se présenter hors cadre partisan. Aucun-e d’entre nous, militant-e-s de gauche, ne sommes habitué-e-s à ce genre de démarche que d’aucuns considèrent, à tort dans ce cas précis, comme typiquement gaullienne. À tort disais-je. En effet. Dans l’esprit de De Gaulle et de ses successeurs au trône du Monarque républicain, l’élection présidentielle est le moment de la rencontré entre un homme et son monarque en devenir. L’épreuve durant laquelle il se fera roi de droit quasi divin car légitimé directement par le peuple.


ECUADOR - ELECCIONES - CANDIDATO RAFAEL CORREAÀ l’inverse, la candidature de Jean-Luc Mélenchon s’inscrit dans une logique de rupture politique, institutionnelle et surtout culturelle. Il s’agit de mettre sa personne et sa campagne au service du peuple en lui proposant indistinctement de se saisir de cette occasion pour s’impliquer dans le processus qui devra mener à créer un nouveau pacte citoyen, un nouveau pacte social, une nouvelle constitution et de nouvelles institutions. En ce sens, sa candidature se rapproche sensiblement de la logique de celle de l’actuel Président équatorien, Rafael Correa, en 2006. L’homme, son charisme et son honnêteté (tout en ayant un égo appréciable 😉 ) apparurent alors à beaucoup d’entre nous comme étant le bon outil pour faire changer radicalement les choses selon la volonté du peuple. Il était seul ou presque. Seuls l’entouraient Pedro Páez, Fander Falconi et Alberto Acosta ainsi qu’une poignée d’intellectuels et de militants aguerris et conscients des impasses auxquelles les menaient les querelles de chapelle de la gauche équatorienne. Et il a (et ils ont) permis au peuple équatorien de commencer à changer les choses!

Je crois, en j’en suis triste, croyez-le bien, que nos organisations, mouvements et partis, ont failli dans la rude tâche d’être des outils aux mains des citoyens. À nous prendre pour des avant-gardes éclairées qui savent tout mieux que les autres, à nous croire plus citoyens que les autres car plus formés en théorie politique, à protéger les finances de nos organisations plus que l’intérêt des citoyens au service desquels elles étaient censées être (rendant de ce fait l’outil peu utilisable), nous nous sommes mis dans une impasse. Une impasse de laquelle la candidature de Jean-Luc Mélenchon tente de nous sortir. Sa stratégie est-elle discutable ? Sans aucun doute. Quelle stratégie ne l’est pas? La façon dont il a annoncé sa candidature était-elle adaptée? Peut-être pas. Mais elle a le mérite d’être conforme à la stratégie proposée (ne pas contraindre les propositions citoyennes qui se construiront aux accords durement tissés et actés entre des partis et mouvements) et adaptée au timing imposé (la campagne présidentielle était, de fait, déjà lancée en l’absence, béante, de toute candidature alternative aux figures imposées par l’orthodoxie monarquico-libérale).

Illustration dernier paragrapheJe vous invite donc, surtout si vous êtes critiques, à suivre de près cette candidature, à y participer pleinement en étant force de proposition et à être intransigeant-e-s avec son candidat pendant la champagne et s’il venait à être élu. Mon expérience équatorienne et l’Histoire m’ont appris que le risque de ce genre de candidature c’est que la participation active des citoyens s’arrête après la rédaction d’une nouvelle constitution et de ses lois organiques d’application les plus immédiatement importantes. Pour ma part je veux participer de la construction d’une révolution citoyenne permanente, intransigeante avec ses mandataires, respectueuse des citoyen-ne-s ainsi que des mouvements et partis d’opposition sur sa droite et surtout sur sa gauche, car ils sont nécessaire à un rapport de forces national fécond pour le peuple.

En route camarades! En marche citoyen-ne-s!

3 commentaires vers "Retour en France et candidature de Jean-Luc Mélenchon"

  1. Philippe Nadouce's Gravatar Philippe Nadouce
    23 février 2016 - 14 h 01 min | Lien permanent

    Très heureux d’apprendre que tu es de retour. Ici à Londres, on se réveille d’une longue léthargie. On reprend le combat. Compte sur nous pour faire le maximum. A très bientôt j’espère

  2. Chargui's Gravatar Chargui
    25 février 2016 - 13 h 52 min | Lien permanent

    Tu es la bienvenue, camarade et amie. Bravo pour ton petit.

  3. Lucky Thrice's Gravatar Lucky Thrice
    25 février 2016 - 17 h 08 min | Lien permanent

    Joli petit lapsus sur le « champagne » !
    Je promet moi-aussi de le sabrer si JLM venait à être élu… :)

    Amitiés

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